Tricot : de l’obsession à la raison

Tricot : de l’obsession à la raison

Quand le tricot prend trop de place

Il y a un peu plus de cinq ans maintenant, j’ai décidé d’apprendre le tricot sur un coup de tête. Tout simplement parce que je me disais que ce devait être très satisfaisant de créer ses propres vêtements avec lesquels on aime s’envelopper quand le temps se fait plus froid. Les débuts furent timides, je n’en faisais guère beaucoup. Et tout à changer quand j’ai découvert les podcasts créatifs sur YouTube. Un nouveau monde s’offrait à moi et j’étais émerveillée de le découvrir toujours plus au fil des mois. Le tricot a alors pris de plus en plus de place dans mon quotidien créatif, jusqu’à en devenir mon activité principale. Et il y a quelques mois, je l’ai rejeté en bloc. J’ai traversé un quasi désert tricotesque. Ça aurait pu être une simple perte de mojo au profit d’une autre activité, mais ce n’était pas le cas. J’étais « en colère » contre le tricot.

Je lui en voulais d’avoir pris autant de place dans ma vie, au point que j’avais complètement délaissé certaines activités que j’adorais. Il n’y avait que mes projets créatifs qui comptaient, et surtout mes projets tricots. Vous comprenez, ça prend du temps, et j’ai tant de projets en tête, il faut que je m’y consacre pleinement si je veux voir toutes ces choses prendre forme. Mon tricot et mon podcast étaient au centre de mes loisirs. C’était une période peu heureuse professionnellement, où je collectionnais les candidatures non retenues. Pas un seul entretien en vue, ce n’était pas simple d’encaisser la situation. Alors mon podcast, mes projets tricots (et les autres bien sûr) se sont vus doter d’enjeux complètement stupides. Il fallait que je réussisse, que mes vidéos intéressent, que mes projets soient adorés, pour compenser mes échecs professionnels. Et un jour, j’en ai eu marre.

Le déclic : tricoter sans penser aux autres

Le tricot ne m’apportait plus le réconfort qu’il aurait du m’apporter. J’avais toujours autant d’envies, de projets en tête, mais la motivation n’y était plus. Heureusement pour moi, j’ai vite compris d’où venait le problème. J’ai enfin recommencé à tricoter pour moi, et non plus pour atteindre des objectifs d’audience sur les réseaux sociaux. Je me fichais de publier régulièrement des photos sur Instagram ou des vidéos sur Youtube, je ne me prenais plus la tête. Aussi, je prenais le temps de faire autre chose, de lire, de jouer, de profiter d’autres moments et de tricoter uniquement quand j’en avais vraiment envie. Pas seulement pour avancer mon projet et ainsi pouvoir commencer au plus vite le suivant.

Aujourd’hui, je tricote d’une manière plus sereine. Je prends mon temps, je ne me presse plus. Je pense à moi et pas à ce que les autres penseront de mes projets. De ce fait, je pense même arrêter mes vidéos, qui ne m’intéressent plus à faire, ni à regarder chez les autres. Peut être reviendrais-je un jour avec un concept qui me parle plus. Aujourd’hui, je veux vivre mes projets créatifs pour ce qu’il m’apporte, et les partager de la manière qui me ressemble le plus, sans m’imposer d’objectifs. Ces résolutions semblent évidentes, mais parfois, on s’égare. Et maintenant, j’ai juste hâte de voir mes projets créatifs se concrétiser et profiter pleinement de ce qu’ils m’apportent.

© Daniel Makam

Cet article a 3 commentaires

  1. Tellement bien dit!!

  2. Je crois que je me reconnais bien dans ce que tu décris de « désert tricotesque » car je le vie actuellement (beaucoup d’envie mais la motivation, bof bof). Je me suis mise au crochet sérieusement et j’ai enfin réussi un carré Granny. J’adore tes créations 😘

    1. Merci beaucoup 🙂 Je te souhaite de t(éclater dans tes futurs projets crochets mais aussi de retrouver la motivation pour tes projets tricot 🙂

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